|
Les "Bravos" TRAD Mag :
les coups de cœur de nos rédacteurs, des enregistrements qui font référence des rééditions "jalon"... |
![]() |
|
|
|
||
Attention, ne figurent ci-dessous que les Bravos TRAD Magazine
mais des centaines d'autres très bons disques sont aussi à découvrir dans le TRAD Magazine
|
JACKY MOLARD QUARTET & FOUNE DIARRA TRIO Livret : 8 pages - 9 titres
“N’Diale” (“la joie”), un titre magnifique pour une rencontre qui ne l’est pas moins : celle du trio malien de Founé Diarra (chant), Kassim Sidibé (chant, kamele n’goni) et Alhassane Sissoko (djembé, carillan et calebasse) et du quartet de Jacky Molard (violon, alto) avec à ses côtés Hélène Labarrière (contrebasse), Yannick Jory (saxophones) et Janick Martin (diatonique). Un quartet au répertoire nourri de Bretagne et pétri d’impros collectives, de jazz et d’ambiances des Balkans. De fait, le premier titre nous emmène directement en terre malienne au son d’une voix rappelant, par la couleur et l’énergie qu’elle porte, celle de Mory Kanté à ses débuts. La deuxième plage nous balade au son du violon dans une Irlande balkanisée. Dans le troisième morceau, les calebasse et kamele n’goni chantent les femmes créatrices de vie. La chanson N’Diale symbolise la rencontre et le partage entre les deux formations. Le cinquième titre confronte une chanson d’inspiration mandingue à une danse du pays vannetais. Les quatre plages suivantes, dans la continuité, portent tout autant des superpositions de rythmes binaires et ternaires que des échanges pentatoniques jubilatoires. Souhaitons que cette rencontre produira d’autres fruits aussi savoureux. François Saddi
XARNEGE Livret : pratique du basque et occitan bienvenue
Dans son premier CD, Xarnege nous invitait à découvrir cet espace aux contours incertains, entre Gascogne et Pays basque, ce pays “sharnègo” riche de sa mixité culturelle. Pas plus qu’hier, les sommets pyrénéens et encore moins la frontière n’entravent aujourd’hui la volonté de ces musiciens de promouvoir la libre circulation de leurs cultures et identités respectives. Parmi ces contrebandiers, on retrouve Joan Baudoin (flûte à trois trous, tambourin à cordes, chant, boha, vielle à roue), Josean Martin Zarko (guitare, bouzouki) et Juan Ezeiza (alboka, violon), tous trois acteurs du projet initial. Roman et Matèu Baudoin, très investis par ailleurs dans le concept Familla Artus, ont laissé leurs places à deux jeunes talents prometteurs qui s’imposent d’ores et déjà aux côtés des “anciens” : Lucia Longué (chant, flûte à trois trous, tambourin à cordes, caremera, boha, accordéon diatonique) et Simon Guillaumin (chant, vielle à roue). L’auditeur familier de ces répertoires reconnaîtra de nombreux thèmes de musique à danser spécifiques à cette région (Marin congo, Charmentina, Artzaina…). Il ne s’agit pourtant pas là d’un disque de bal. Certes, l’ensemble s’inspire d’un fond traditionnel propre à ce registre. Mais il est avant tout espace de créativité, voie affirmée et revendiquée. La réussite est au rendez-vous. Le choix d’harmonisations instrumentales et vocales est judicieux, déclinant des atmosphères diverses où affleure l’écume des cultures musicales basques et gasconnes. Dans le cadre d’une approche se voulant évolutive de la musique traditionnelle, voilà un groupe qui formule une proposition innovante et audacieuse, sans concession à la facilité. Autant de raisons pour oser Xarnege. Alain Bormann SKOLVAN 13 titres - Label RSCD 297
Exit diatonique et percussions, bienvenue au nouvel accordéoniste Régis Huiban dont la présence ramène le fameux groupe de fest-noz à l’état de quartet. C’est la quatrième vie de Skolvan, qui n’est pas à la veille de perdre son statut tacitement admis de plus bel ensemble breton à danser. Nouvelles compos dans la parfaite assimilation des styles, métriques originales, choix subtils dans le best-of de la tradition (Bretagne, Irlande, Balkans)… En réaménageant l’espace de son “instrumentarium”, Skolvan offre cette fois encore une musique à danser fluide et efficace. Comme à l’accoutumée, le groupe fait un appel majeur à l’unisson, teinté cependant d’astucieuses sous-couches harmoniques et de belles impros qui ne viennent jamais contrarier le flux swinguant de la danse. L’autre secret de Skolvan est sans doute dans l’unité de jeu organisé par des musiciens qui cultivent depuis toujours, quel que soit l’instrument, une certaine façon de faire baser sur la pratique fusionnelle des couples de sonneurs et de kan ha diskan. Un parfait contraire du “chacun pour sa pomme” doté d’un étonnant apprivoisement des notes, du son incomparable des anches de Youenn Le Bihan liées au sax de Bernard Le Dréau et de la rythmique finement tranchée de l’open guitare de Le Bigot. Le tout est relié par le vocabulaire étendu d’un Régis Huiban tout en propositions. Ces gars-là incarnent la finesse des meilleurs tireurs sur armes anciennes. Vraiment : Il n’y a qu’un seul Skolvan. Dominique Le Guichaoua KOMRED 13 titres - durée : 53'46"
Ils sont jeunes, beaux, bons… Et ça marche. Un bel album que le premier opus de ce quintet formé de Clémence (violon) et Antoine (guitare) Cognet, Cyril (clarinette) et Loïc (accordéon) Étienne et Mathilde Karvaix (clarinettes). Leurs parents, disons pour simplifier les Brayauds, se sont largement illustrés ces trente dernières années (et ce n’est pas fini) en collectant, conservant, interprétant, bref en faisant vivre cette musique d’Auvergne. Aujourd’hui, et pour reprendre la formule de Brassens dans sa supplique, “place aux jeunes en quelque sorte”. Cette nouvelle génération (lire le portrait interview dans Trad Mag’ n°125, NDLR) revisite plusieurs morceaux collectés en Auvergne, Corrèze ou dans le Poitou. Le groupe ajoute avec brio quelques compositions de Clémence Cognet, Cyril et Loïc Etienne ainsi que quelques emprunts à d’autres musiciens tels que E. Champion, François Saddi
RODOLPHE RAFFALI Livret : 6 pages - 21 titres - Durée : 77'
Rodolphe Raffalli a plus d’une corde à sa guitare. On savait que ce guitariste aimait le jazz, le classique, la musique sud-américaine, Georges Brassens et Django Reinhardt entre autres, et qu’il était chez lui dans toutes ces musiques. Avec ce cinquième CD pour le label Frémeaux & associés, le Buster Keaton de la guitare célèbre ses racines. Si Rodolphe est né en Seine-et-Marne, son père est corse et sa mère italienne. C’est dire si les traditions musicales méditerranéennes, en particulier celles de la Corse où guitares et mandolines sont les instruments rois, ont bercé sa jeunesse et forgé ses racines. Grand sentimental avec une sensibilité à la Crolla, Rodolphe fait merveille sur les sérénades (la superbe Sirinate Ajacciu d’Antoine Bonelli), les ballades ou les valses, un répertoire méconnu sur le continent. Aux côtés de Dominique Lemerle (contrebasse) et Stan Lafferrière (batterie), Rodolphe assure toutes les parties de guitares (accompagnement et solo). Son phrasé conjugue rigueur du classique et sens aigu du swing comme de l’impro, avec un coup de médiator style mandoline, faisant rouler les cordes. Il signe trois compos convaincantes : Corsaswing, Pietralba et Un pied sur l’île, très jolie mélodie introduite par un bel exposé à la guitare. Pour le reste, il s’agit des compos de guitaristes corses ou des morceaux ayant la Corse pour thème : Solenzara, Corsica bella, Ma Corse, La complainte corse, Méditerranée (qui n’est pas de Tino Rossi comme indiqué mais de Vincent Scotto). Rodolphe aime les belles mélodies. Pour quatre morceaux, il propose deux versions : valse bop et swing pour La vieille guitare ; swing musette et bop pour La valse ajaccienne ; samba (on verrait bien Hamilton de Holanda ou Stochelo lui donner la réplique) et swing pour Utra gulinu ; latine (et non pas grecque) et swing pour Chifa. Ce styliste raffiné et élégant s’empare de ritournelles légères, entraînantes et souvent nostalgiques (U miu mulinu, jolie ballade de D. Marfisi), et les magnifie par des chorus jazzy limpides et inspirés. Même si certains musiciens corses ne se retrouvent pas dans son interprétation, Rodolphe joue de façon remarquable ce répertoire auquel il insuffle poésie et sentiment (Le prisonnier façon boléro ou Ma Corse, précédée d’un exposé du thème façon guitare classique). Comme l’écrit J.-P. Sermonte sur la pochette : « Laissons-nous guider par cette guitare qui est un prolongement de son cœur vers cette île à nulle autre pareille et dont il pare la musique d’une aura supplémentaire. » De la belle guitare, comme on l’aime. Rodolphe Raffalli est un grand, mais ça on le savait depuis longtemps. Francis Couvreux MALTED MILK Livret digipack 8 pages - Durée : 48'2"
Fermez les yeux. Est-ce une formation de Memphis que vous écoutez ? Non. Les musiciens sont de Nantes, avec comme leader Arnaud Fradin (guitare, chant, compositions). Créé en 1998, le groupe a rapidement conquis le public et les professionnels (Malted Milk a tourné quatre mois aux États-Unis en 2002, en particulier à Memphis et La Nouvelle-Orléans). Cette nouvelle production rivalise avec les meilleures en provenance d’Amérique. On est séduit par la guitare et l’excellente voix d’Arnaud Fradin. Les compositions alternent avec des reprises de titres de la musique noire du sud des États-Uis. Pour cet enregistrement, une section de cuivres complète l’orchestre. Sur un titre, une kora donne une touche africaine. Après avoir été récompensé dans de grands festivals de blues (Cognac, Memphis), le groupe devrait l’être par le succès que l’on peut prédire à cette nouvelle parution. Christian Gualdi LÙNASA Livret : pochette cartonnée - 10 titres
Avec “Lá Nua” (“Un jour nouveau”), Lúnasa, qui totalise déjà quatorze ans de scène, réalise ici son huitième album (sept studios + une compilation). Enregistré au cœur des Cooley Mountains au sud-est de l’Ulster, l’album en garde la trace puisque plusieurs des morceaux ont été composés sur place, notamment les dix airs signés de Kevin Crawford et Cillian Vallely. Au fil des années, la musique de Lúnasa a lentement évolué de la tradition vers une légère modernité teintée de jazz voire de rock. Le tout dû à l’association basse-guitare qui ajoute une sacrée pêche aux autres instruments que sont la flûte, le fiddle et le uilleann pipes. Néanmoins, les cinq musiciens du groupe demeurent fidèles à la tradition irlandaise. Et nous la retrouvons au long des divers morceaux qui composent cet admirable album. Dix sets, vingt-huit airs se succèdent avec brio. De l’irlandais bien sûr, avec comme à chaque fois une petite incursion en Bretagne (Tro Breizh) et en Galice (Pontevedra To Carcarosa). Kevin Crawford est toujours autant attiré par la musique des autres pays celtiques. Du début à la fin, une réussite. Philippe Cousin
LYDOM & HOIRUP Livret : 12 pages - 13 titres
Ces deux musiciens incontournables de la scène danoise viennent de produire un album qui sent bon le large. Tous les deux sont nés dans des familles de pêcheurs. Leur musique et les arrangements sont ouverts comme les vagues d’une mer fidèle mais qui ne se laisse jamais enfermer. Pour les amoureux de l’âme scandinave, voici un disque essentiel : accordéon, harmonica, et guitare se rencontrent, se frôlent, se cherchent. Jamais l’un ne domine l’autre. L’harmonie est parfaite. On ne s’ennuie jamais. Les notes sont toutes dynamiques. Les accords ouverts sur le monde pour notre plaisir. L’émotion nous transporte sur des îles comme Fano, ou dans les fjords scandinaves. Gérard Viel DERVISH Livret : pochette cartonnée
Après Altan qui fête cette années ses 25 ans, voici Dervish qui célèbre ses 21 ans de scène. Pour cette occasion, ils publient un CD + DVD. La classe ! Pas moins de trois concerts : les deux premiers sur le CD, enregistrés en Californie et à Sligo. Le troisième sur le DVD capté dans les studios de la RTÉ. Cela permet de réécouter quelques-uns des titres qui ont fait leur succès depuis 1989 : Josefin’s Waltz, Lord Levett ou The Boots Of Spanish Leather de Bob Dylan dans une adaptation très irlandaise. Lors de ces trois shows, ils sont rejoints par plusieurs amis musiciens : Martin Hayes & Denis Cahill, Seamie O’Dowd (qui fit un temps partie du groupe) ou Rick Epping. Et puis également le groupe suédois Väsen qui apporte sa touche d’Europe du Nord. Le premier concert est introduit à la flûte par Liam Kelly. Il se poursuit dans la richesse musicale distillée par ses complices du groupe et par la voix si particulière de Cathy Jordan. Le disque se conclut avec Apple In Winter, clin d’œil à leur premier album, “Harmony Hill”. Dervish est à coup sûr, aux côtés des Chieftains, d’Altan ou de Lúnasa, l’un des meilleurs représentants de la musique actuelle en Irlande. Philippe Cousin
ROBERT TANNAHILL Livret : 16 pages - 21 titres - Durée 58'98"
L’intégrale des chansons de Robert Tannahill (1774-1810) est présentée par le label de Sandy Brechin et Fred Freeman. Si le premier album d’une série prévue de cinq CDs a touché son public, le deuxième répond à toute attente. Les interprétations des chanteurs où s’interpénètrent les genres (baroque, classique, jazz et rock) en font une création résolument moderne, dans le respect de la langue. Symbolisant le poète maudit en mal d’édition, Robert Tannahill mit fin à ses jours à Paisley son village natal. Flûtiste et tisserand, il décrit les turpitudes de ses contemporains marqués par la guerre, croisés à l’atelier ou au Burns Club qu’il avait créé en 1805 en l’honneur de Robert Burns (1759-1796) produit récemment par le Dr Freeman. Bel hommage. Caroline Barray RATTLE ON THE STOVEPIPE Livret 8 page avec textes et photos
La musique old time se porte bien en Angleterre où elle compte de nombreux adeptes. L’un des meilleurs représentants de ce courant musical outre-Manche est sûrement le combo Rattle On The Stovepipe. Ce groupe est constitué de trois excellents musiciens : Dave Arthur (chant, banjo, guitare, mélodéon), Pete Cooper (chant, violon) et Dan Stewart (guitare, banjo). Le répertoire, très intéressant, change de l’alignement de fiddle tunes que proposent souvent les groupes du genre. Cela va des fiddle tunes appalachiens (Elzic’s Farewell, Ways Of The World, Sadie At The Backdoor, Sally In The Garden) aux ballades (Willie Moore, Red Apple Juice ou le très beau Roll Alabama Roll). La cerise sur le gâteau vient du très beau traditionnel anglais Old John Peel interprété au mélodéon par Dave Arthur et de Frisky Jenny. L’enregistrement est magnifiquement fait, chose assez rare à souligner en musique old time. Rattle On The Stovepipe est présenté par Tom Paley, l’un de maîtres du genre. Alors ne boudons pas notre plaisir. Claude Vue
BIG MEDICINE Livret : 4 pages - 15 titres
Voici le troisième CD de Big Medicine, le plus bluegrass des groupes old timey ou le plus old timey des groupes bluegrass, comme le dit si bien Bill Martin. En effet, ils se sont spécialisés dans les reprises de titres de la fin des années 1930/début 1940. Constituée de Jim Collier (chant, guitare, mandoline), Joe Newberry (chant, banjo), Ken Jackson (fiddle, chant) et du petit dernier Bobb Head (qui remplace Lanelle Davis à la contrebasse et au chant), cette formation dégage une puissance peu ordinaire. Le répertoire est constitué en majorité de chansons des années 1930 et de fiddle tunes. On aime la reprise de titres de la Watson Family. Il faut dire que Jim Collier a passé dans sa jeunesse beaucoup de temps auprès d’Arnold Watson, le frère aîné de Doc. Tout le disque est superbe mais on éprouve un faible pour le medley watsonien Texas Gales/Blackberry Rag et surtout pour Tombigbee River, magnifique valse qui clôt l’album et qui daterait de 1840. Un CD recommandé avec chaleur. Claude Vue EL SON DEL NENE Livret : minimaliste - 12 titres
Voici le premier album de cette formation cubaine menée par le chanteur-percussionniste Pedro Lugo Martinez, dit El Nene. Autour de lui, guitare, tres, contrebasse, congas, bongo, quinto, chœurs (dont certaines harmonies et certains placements de voix ne sont pas sans rappeler les chœurs argentins)… Ainsi qu’une vedette cuivrée, la trompette de Yuliesky Gonzalez Guerra. L’ensemble fonctionne parfaitement. Et ravira les programmations de tous les prochains bals salsa. Car en effet, la majeure partie du disque consacre un son brillant et énergique, de celui qui annonce le plus clairement la petite sœur new yorkaise. Mais n’allez pas penser que ce septet éclairé s’est contenté des chemins bien balisés. Des surprises, vous en aurez. Elles se nomment plena (forme musicale portoricaine) ou conga (danse cubaine) et ponctuent avantageusement la promenade musicale à laquelle nous sommes conviés. Belle surprise enfin, cette longue vidéo sur la vie et la musique de Pedro Lugo Martinez qui accompagne un coffret au look soigné. Casquette vissée sur le crâne, sourire franc et regard malin, El Nene a ce timbre de voix qui vient vous caresser l’oreille à la façon de ceux qui marqueront une musique et une époque. Ne ratez pas le train en marche. Mathieu Rosati CASUARINA Livret : 20 pages - 14 titres
Au-delà des clichés, la samba est une musique populaire chantée à Rio (et ailleurs) à la moindre occasion par les Brésiliens. Depuis quelques années, le genre revient en force. Des jeunes musiciens lui rendent hommage en insufflant une modernité à la fois respectueuse et innovante. Casuarina est la formation phare de ce renouveau. Ce disque a été enregistré en 2009 à la Fundiçào Progresso de Rio de Janeiro. Les cinq fondateurs du groupe (dont Joào Cavalcanti, fils du chanteur Lénine) se sont produits en cercle (selon la tradition de la roda de samba). Ils sont renforcés par quatre instrumentistes et quelques invités prestigieux comme Frejat, Paulinho Moska, le groupe Moinho ou encore les sambistes historiques Wilson Moreira et Roberto Silva. Entraînées par la foule qui n’hésite pas à entonner les refrains avec elles, la formidable section rythmique (tan-tan, rebolo, pandeiro) et les nombreuses cordes (cavaquinho, guitare à 7 cordes et bandolim) s’en donnent à cœur joie. Elles revisitent compos originales et classiques de la samba. Jubilatoire et attachant. Frantz-Minh Raimbourg MUNEQUITOS DE MATANZAS Livret : 12 pages - 11 titres
Une très forte impression d’Afrique de l’Ouest à l’écoute de ce disque qui fait la part belle à l’une des plus africaines des musiques cubaines, la rumba. Plus exactement la rumba guaganco, forme du début vingtième siècle majoritairement jouée aujourd’hui. La forme yambu, plus lente et par laquelle la rumba devient une danse de couple, est quant à elle minoritaire mais néanmoins présente un fait assez rare pour être souligné ! Plongés dans une déferlante rythmique qui évoque la musique des Yorubas du Bénin ou celle des orchestres de tambours chevillés des Bassari du Sénégal, nous pénétrons un univers peu connu de la musique afro-cubaine. Un régal difficile à décrire mais que l’on peut qualifier d’absolu. La direction musicale du groupe, fondé en 1956, est aujourd’hui assurée par le grand Jesús Alfonso, entouré d’une bande de jeunes artistes aussi précis qu’enthousiastes. En fin de parcours, un somptueux chant lancé a cappella finit d’établir le lien avec l’Afrique : Bantú, c’est son titre… Un disque magistral du début à la fin, indispensable à tout amateur de musique des Caraïbes. Mathieu Rosati LOS NANI Livret : minimaliste - 14 titres
Ce disque mérite la plus grande attention. Loin des canons de le musique afro-cubaine commerciale, cette précieuse découverte fera le bonheur des oreilles les plus curieuses. Une véritable diablerie polyrythmique toute emprunte d’Afrique, qui conjugue technicité, musicalité et frénésie. La section rythmique est composée des tambours tumbadoras et quinto, de claves et d’un catá (tronc d’arbre évidé et frappé aux baguettes). Lázaro Álvarez Bravo mène les opérations de sa voix haute et claire, pas tout à fait nasale mais joliment “pincée”, tandis qu’un chœur mixte lui répond avec conviction. Les références aux musiques rituelles, et non pas uniquement aux styles populaires du vingtième siècle, expliquent certainement la richesse et la diversité des formules rythmiques que l’on rencontre dans ce disque. Sur le principe du cinquillo cubano, Los Nani pousse les murs de la musique cubaine consacrée en Europe et donne à entendre bien plus que la désormais très célèbre clave de son. Un album indispensable, par une formation que l’on sent suffisamment bien plantée en terre pour prétendre atteindre les sommets ! Amis programmateurs, nous voulons maintenant les découvrir sur scène. Mathieu Rosati NUBA D'OR ET DE LUMIERE Livret : 16 pages avec présentation des
Ce somptueux coffret, finement pédagogique, propose des clés pour comprendre et apprécier cette culture vieille de plus de douze siècles. La nûba, sorte de symphonie de la musique arabo-andalouse classique, consiste en une série de poèmes chantés sur une rythmique précise. Il existe aujourd’hui onze nûbas sauvées de l’oubli au dix-huitième siècle et transcrites sur un cahier, sur les vingt-quatre composées à l’origine. L’interprétation des nûbas diffère suivant le lieu, l’heure du jour et bien sûr les musiciens. Cette musique unit dans une sorte de communion artistes et public de Tel-Aviv à Tanger. On retrouve ainsi dans le CD et le DVD : Françoise Atlan, chanteuse spécialisée dans les Cantigas d’Alphonse le Sage et le chant judéo-espagnol aux côtés de l’orchestre d’Abdelkrim Raïs de Fès, le cantor de synagogue parisien Albert Bouadanah et le baryton classique Gérard Edery. Ou encore la troupe féminine des Haradate de Chefchaouen, le chanteur israélien Emil Zrihan, les musiciens du café Hanafta de Tanger ainsi que de nombreux autres amateurs ou professionnels, tous unis dans une sorte de transe d’amour de la poésie chantée. Un superbe et très complet voyage en “Al Andalus”. François Saddi DIABEL CISSOKHO & RAMON GOOSE Digipack 6 pages + livret 16 pages anglais/français
L’alliance de la kora (harpe africaine avec vingt-et-une cordes montées sur une calebasse servant de caisse de résonance) et de guitares blues (dobro, ou électrique jouée en picking ou en slide) fait merveille. Diabel Cissokho, joueur de kora, est originaire du Sénégal (né dans une famille de musiciens) et basé à Londres. Il a été sollicité par Ramon Goose, Anglais et guitariste de blues, pour réaliser cet album. La kora n’y fait pas de la figuration mais joue à part égale avec la guitare. Le tout accompagné de contrebasse ou basse électrique sur dix titres, jouées par Akos Hasznos, et sur sept plages par la batterie du musicien londonien Eric Ford. Onze compos de Diabel Cissokho et Ramon Goose, chantées en langue africaine la plupart du temps, conjuguent l’élégance de la musique d’Afrique de l’Ouest avec l’âme du blues. L’apport de la kora pour donner une touche africaine à de la musique occidentale est dans l’air du temps. Mais pour ce CD, on est en présence d’une vraie création et d’un réel dialogue entre kora et guitare. Magnifique. Christian Gualdi HASNA EL BECHARIA Livret : 16 pages bilingue arabe/français
Superbe à tous points de vue, ce CD de Hasna el Bécharia, chanteuse-auteure-compositrice qui s’accompagne à la guitare et au gumbri. Ses textes, très poétiques, parlent autant de Dieu que de l’amour, de ceux qu’on aime et de l’Algérie (Djazair). Cette grande dame arrivée sur le tard à la scène possède une inimitable voix grave et rugueuse. Cette dernière s’accorde parfaitement avec son instrument de prédilection, le gumbri (la guitare basse gnawa, utilisée quasi uniquement par les hommes). Elle joue ici avec une douzaine de musiciens aux chœurs, guitare, basse, clarinette, violon et percussions diverses. Le premier album, “Djazair Johara” (Label Bleu Indigo, 2001), avait révélé une grande artiste. Ce CD “Smaa smaa” confirme la place de Hasna el Bécharia parmi les plus grands de la scène arabe. François Saddi ZAF ZAPHA & LAURA GUERY Livret : 48 pages - 15 titres - Durée : 39'08"
Il s’agit du deuxième volume d’une trilogie consacrée aux musiques du monde (le premier, “Dalaka” était dédié à l’Afrique de l’Ouest lire chronique dans Trad Mag’ n°129, NDLR). Ce nouvel opus, tout aussi magnifiquement illustré par L. Guéry, propose différentes entrées sur les cultures d’Amérique latine : Cuba, Mexique, Bolivie, Argentine… Le livre alterne les textes des chants (avec traduction en français) et des planches plus pédagogiques sur la géographie, les coutumes, la danse ou les instruments. Une vingtaine de chanteurs et musiciens (guitare, charango, tres, flûtes diverses, violoncelle, accordéon, cuivres, percus) participent à ce CD réalisé par Zat Zapha. La plupart des chants, alternant traditionnels, compositions de Zaf & Co, revisitations de traditionnels français. Malbrough et Ah mon beau château sont interprétés par des enfants aux voix justes et bien placées. Chaque chanson bénéficie d’un arrangement spécifique et judicieux. Un bel objet musical. Vivement le troisième opus. François Saddi
JEAN MICHEL GUILCHER 190 pages dont 13 pages de photos
La toute première enquête de terrain effectuée par Jean-Michel et Hélène Guilcher, en 1941, n’avait jamais fait, jusqu’ici, l’objet d’un livre. C’est maintenant chose faite. On retrouve ici la modestie, la rigueur, le bonheur d’écriture que nous avons si souvent rencontrés chez cet auteur. Cette enquête concerne la partie centrale des Pyrénées en l’occurrence le Lavedan, en pays de Bigorre, autrement dit des Hautes Pyrénées et complète donc celle réalisée bien plus tard en Béarn et Pays basque (1). L’auteur reconnaît d’abord qu’Hélène Guilcher et lui n’avaient, à cette époque, aucune compétence pour ce genre de recherche, hormis leur pratique déjà approfondie de la danse populaire, acquise avec Miss Pledge. Mais quelles que soient les lacunes inévitables de cette enquête, elle est néanmoins intéressante parce qu’il s’agit d’un répertoire original. Comme en plusieurs autres régions, notamment pyrénéennes (et comme en Angleterre), ce répertoire se compose de deux classes de danses fort différentes l’une de l’autre : d’une part des danses mixtes, à fin récréative et sociale, et praticables à tout moment de l’année. De l’autre, des danses exclusivement masculines, de nature spectaculaire et réservées à certains jours de fête (carnaval, etc.). Dans une “Présentation générale”, l’auteur donne d’abord une vue générale de la façon dont se présentent ces deux grandes catégories de danses dans la région étudiée. S’agissant des danses récréatives, les quelques documents disponibles sur leur état ancien (jonction dix-huitième, début dix-neuvième siècle) montrent qu’à cette époque elles appartenaient toutes, ou presque, au type branle (danse mixte en chaîne ouverte ou fermée, structure répétitive) comme dans la plupart des pays de France. Ce qui est plus étonnant, c’est qu’aux premières années du vingtième siècle, cette forme de danse n’est plus représentée dans le répertoire commun. À cette époque récente, le répertoire récréatif et mixte ne comporte aucune danse de lointaine tradition locale mais exclusivement des danses relevant d’emprunts, soit à d’autres cultures rurales, soit à des modèles venant de Paris (et copieusement remaniés). Quant aux danses masculines des jours de fête, elles étaient tenues pour esthétiquement supérieures et étaient l’objet d’une considération beaucoup plus grande. Un soin particulier était apporté à leur exécution et à leur transmission réalisée par un enseignement, et non, comme les danses récréatives, simplement par imprégnation, un peu de la même manière que s’apprend la langue maternelle. Mais parmi ces danses, certaines (telle, entre autres, la Ballade) ont été partout danse masculine de fête. Alors que d’autres (La Matelotte,etc) l’étaient à des degrés divers selon les localités. Ces danses ont eu, en général, un accompagnement instrumental. Mais celui-ci a subi, dans un passé proche, une importante mutation : le remplacement du couple traditionnel flûte-tambourin par l’accordéon. Parmi ces danses, il en est une dont la réputation s’est montrée plus grande et plus durable que les autres. Il s’agit de la Ballade du pays d’Argelès. Jean-Michel et Hélène Guilcher ont encore pu en recueillir une version à Saint-Savin. Mais rien ne permet de savoir quelle a été l’étendue de l’aire où elle s’est dansée jadis. La dualité entre danse récréative mixte et danse de fête masculine, observée en Lavedan, a aussi existé dans le répertoire basco-béarnais que l’auteur a décrit dans son livre de 1984. Mais si la conception et la fonction de ces deux types présentent une analogie dans les deux territoires, il existe aussi des différences profondes. Notamment en ce qui concerne l’enseignement : en Lavedan, on se contente de répéter la danse avant la fête annuelle. Et les “enseignants” n’ont donc pas le statut de permanence de ceux du Béarn et du Pays basque, dont les danses (tels les sauts) présentent un caractère beaucoup plus complexe. Dans le second chapitre, l’auteur passe en revue les différentes danses. Les unes relèvent du répertoire récréatif ; les autres, plus nombreuses, du répertoire masculin. Citons la Ballade, le Rondeau, Pantalon, La matelotte, La Limousine (inspirée des bourrées auvergnates), La fricasseye, Yan Petit (2), Era peilha del gat (2), la Polka-bébé, et enfin la danse du Baïar. Les principaux développements concernent la Ballade (pp. 37 à 50) et surtout la danse du Baïar (pp.115 à 160). Sans entrer ici dans les détails, disons que chacune de ces deux danses se compose de deux parties : l’une itinérante, où les danseurs, disposés en file, parcourent les rues du village ; la seconde où le groupe s’immobilise devant l’une ou l’autre maison, pour une espèce d’aubade, parfois récompensée par une offre à boire, et suivie d’une quête. Dans la danse du Baïar, ces deux parties s’appellent respectivement le passe-carrère et le cabaret. La danse du Baïar, qui ne se dansait que dans une seule localité, présente une autre caractéristique intéressante. Il ne s’agit pas d’une simple danse. La danse s’inscrit dans une sorte de jeu dramatique, joué et dialogué par quelques personnages, dont celui qui donne son nom à la danse, le baïar. Ce dernier est muni d’une tête de cheval en bois sculpté, auquel renvoie ce mot et celui de cabaret. La présence d’un personnage d’homme-cheval (cheval-jupon ou masque-cheval) se retrouve dans bien d’autres répertoires, tant pyrénéens (dans le pays voisin du Béarn et du Pays basque, les mascarades de la Soule et de l’ancien Baretous) que dans d’autres pays d’Europe. Quant à l’association entre danse et jeu dramatique, exceptionnelle dans le folklore français, on la rencontre dans d’autres répertoires traditionnels européens, et notamment dans la tradition anglaise (long sword et rappers dances, mummers’ plays). La tradition de cette danse-jeu dramatique dont la représentation, autrefois déjà, ne se faisait que de loin en loin s’est éteinte au début du vingtième siècle. Toutefois, grâce à l’initiative de deux personnes extérieures, une représentation a été organisée, avec l’aide des habitants du village, en 1923. Et, en 1942, un film a été tourné sur ce sujet (3). Jean-Michel et Hélène Guilcher, lors de leur enquête de 1941, se sont basés sur trois éléments : les infos recueillies auprès des habitants qui gardaient un souvenir de la tradition, celles résultant de la représentation de 1923, et les sources écrites disponibles. Le scénario de ce jeu dramatique, ses personnages, leurs noms, les origines possibles de cette tradition, ont donné lieu, depuis le dix-neuvième siècle et jusqu’à une époque récente, à diverses interprétations. Le principal avatar de ce scénario date de la seconde moitié du vingtième siècle. Il trouve son point de départ dans un ouvrage paru en 1898-1902, dans lequel l’auteur rassemble des récits entièrement imaginés par lui, mais qu’il donne pour historiques ou tirés d’une tradition locale. Or, pour diverses raisons (détail anecdotique et sentimental du conte imaginé par cet auteur, personnages laissant le champ libre à l’imagination…), cette façon d’expliquer le jeu s’est répandue largement, au détriment de la vérité et cela notamment par le truchement de l’école ! Ceci dit, l’hypothèse qui paraît la plus plausible quant à l’origine est que la danse du Baïar (et l’action dramatique qui l’entoure) trouverait sa source dans une ancienne moresque. Les moresques ont connu, pendant longtemps, une immense vogue et un grand prestige dans la plupart des pays d’Europe, depuis la première qui soit attestée, en 1150, et qui célébrait une victoire sur les Maures, et leur expulsion d’Aragon. Quels sont les principaux enseignements que l’on peut retirer de cet ouvrage ? Tout d’abord, le recensement le plus complet sur le répertoire dansé de cette région des Pyrénées, située entre celle, à l’ouest, où régnait celui des branles et sauts basco-béarnais, et celle, à l’Est, des bourrées de l’Ariège. Ensuite, et sur un plan plus général, une leçon d’honnêteté scientifique et… d’honnêteté tout court ! Dans son introduction, intitulée “Histoire d’une enquête”, Guilcher raconte, avec simplicité et modestie, comment les choses se sont passées. Et il précise à ce sujet les limites de l’information recueillie, et les raisons qui expliquent ces limites. D’abord, dit-il, la prospection s’est limitée à quatre communes. Ensuite, la recherche, tard venue, ne pouvait atteindre que des cultures en voie de modernisation ; les témoins interrogés n’ont pu évoquer que des souvenirs d’une pratique disparue. Une autre difficulté tenait au climat de l’époque où cette recherche s’est effectuée. Alors que pour les informateurs, la danse était synonyme de plaisir, le temps (1941) était au contraire à la tristesse. Difficile, dans ces conditions, d’organiser des démonstrations de groupe ! Quant aux textes anciens, peu nombreux, ils émanaient d’observateurs occasionnels, jamais de résidents locaux en contact suivi avec la vie paysanne de l’endroit, et se sont donc révélés à la fois irremplaçables et décevants. C’est à dessein que j’énumère ici ces lacunes. Peut-être un tel constat incitera-t-il le lecteur à ne pas commettre l’erreur de ceux qui s’agissant de l’un ou l’autre sujet : danse, musique, chanson, etc. « à partir de moins encore » que les données partielles mentionnées ici, ont eu la témérité de généraliser indûment les résultats de leurs collectes. Plus modeste, Guilcher se borne « à récuser quelques opinions reçues et à énoncer plusieurs questions qu’il est nécessaire de soulever », même si, écrit-il, « il est aujourd’hui trop tard pour savoir la réponse qu’elles appellent » (pp. 18-19). Le dernier chapitre, “Une mise au point nécessaire”, fait état d’un opuscule paru en 1988, sorte de réquisitoire contre l’article publié par Guilcher en 1956 (4) sur la danse du Baïar. Sans s’attarder sur les critiques nombreuses et sévères qu’appelle ce texte, Guilcher répond seulement à la grave accusation qui lui est faite, selon laquelle les résultats de son enquête n’étaient pas authentiques. Je n’ai pas la place ici pour résumer cette récusation, mais je conseille à chacun de lire ce chapitre. Il donne un exemple frappant d’une pratique qu’on rencontre hélas ici ou là, et montre à quoi peut conduire le désir d’avoir raison à tout prix. Et surtout pour conforter, à des fins plus ou moins désintéressées, une image préconçue de telle ou telle tradition. Éric Limet (1) : Jean-Michel Guilcher, “La tradition de danse en Béarn et Pays basque français”, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 1984. (2) : Ces danses avaient déjà été décrites par Jean-Michel Guilcher dans un recueil paru en 1947, “Dix danses simples des pays de France” (Flammarion Père Castor). (3) : “Pyrénées, terre de légendes”, (4) : dans la revue Arts et traditions populaires. PETER GURALNIK Editions Rivages Rouges
Il était temps. Ce livre publié pour la première fois en 1971 aux États-Unis vient d’être traduit en français. Pour les amateurs de blues et de country, c’est le livre qu’il faut avoir lu. Mieux, il s’agit d’un incontournable. Lorsque vous aurez lu ce livre de 286 pages, vous retournerez écouter vos vieux enregistrements avec une oreille toute neuve. Peter Guralnik a rencontré et interviewé, parfois peu de temps avant leur mort pour certains, quelques stars du blues et du rock’n’roll dont Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Skip James ou Jerry Lee Lewis. Ces interviews sont magnifiques parce qu’elles ne parlent pas que de musique mais surtout de la vie de ces pionniers de la musique populaire américaine. Et comment comprendre un style, si connu soit-il, si on ne sait pas ce qu’il y a derrière (le « background », comme disent les Américains). On trouve aussi un chapitre consacré à Chess, label spécialisé dans le blues de Chicago. Ces entretiens sont illustrés de photos souvent inédites. Il y a aussi une discographie, une bibliographie. Une merveille. Qui se lit comme un roman. Claude Vue
|