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Les "Bravos" TRAD Mag :
les coups de cœur de nos rédacteurs, des enregistrements qui font référence des rééditions "jalon"... |
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Attention, ne figurent ci-dessous que les Bravos TRAD Magazine
mais des centaines d'autres très bons disques sont aussi à découvrir dans le TRAD Magazine
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HELENE BRUNET & NICOLA HAYES Livret : 8 pages 13 titres
Ces deux voyageuses et musiciennes nous proposent un Travelling captivant entre vieille Europe, Amériques et Nouvelle France en passant par la Suède. Nicola Hayes, Australienne, vit depuis longtemps en Centre Bretagne et est habitée par la musique irlandaise, cajun et des Appalaches. Elle accompagne depuis une dizaine d’années Hélène Brunet qui joue du laúd, luth espagnol à 12 cordes. Guitariste, elle a également travaillé avec Erik Marchand, Ronan Le Bars et Jean-Félix Lalanne et autres. À part un ou deux morceaux, l’esprit de l’album est de faire ressurgir des morceaux traditionnels enregistrés sur des cassettes des années 1970. Il ressort de cet ensemble une énergie époustouflante : reels, jigs endiablés et des two steps cajuns se succèdent ainsi qu’une scottish suédoise. L’accordéoniste Yann-Fañch Perroches est invité sur l’un des morceaux. Enregistré au studio Boutou production à Plouarzel (29) par Patrick Peron et en live par Jérôme Orhan au café-concert Aux Anges à Quelven, lieu magique près des étoiles où tout devient possible… PLANTEVIN & RURAL CAFE Livret : digipack, 4 pages 12 titres Durée : 59’06’’
Collecter auprès des anciens, écrire et conférer à propos des musiques traditionnelles, et cela pendant des décennies, ne saurait suffire à ceux qui, par ailleurs, sont musiciens eux-mêmes. Patrick Mazellier, violoniste et chanteur bien connu pour ses travaux en Dauphiné et régions voisines, avec Jean-Bernard Plantevin, chanteur à la vaste production discographie au nord de la Provence, ont d’abord travaillé ce répertoire pour des animations scolaires. Puis l’ensemble, avec quelques autres musiciens, est devenu un projet discographique plein de fraîcheur. Une autre dimension mérite mention : le tout a été impulsé par Jean-Louis Ramel, enseignant de langue régionale. Nous sommes là dans une zone linguistique passionnante : celle de l’occitan dit “du croissant”, terre de contact entre oïl et oc. Fraîcheur est bien le mot de ces arrangements joyeux et toujours simples. Le répertoire est souvent l’occasion de découvertes intéressantes. Et l’engagement des participants (un Patrick Mazellier qui mord aux mots) est constamment sensible. Une tradition méconnue déterrée avec un naturel qui séduit. Claude Ribouillault
NOLWENN MONJARRET & PHILIPPE LE GALLOU Livret : 24 pages 13 titres - Durée : 50’47”
Son Elena, la chanson d’Hélène, est un CD de ballades bretonnes interprétées par Nolwenn Monjarret et arrangées par Philippe Le Gallou. Un incontournable pour la qualité sensible et douce des chants bretons issus du répertoire traditionnel et familial de Zaïg et Polig Monjarret, recueillis dans les années 1950. Figures marquantes et militantes pour le renouveau de la musique bretonne. Polig avait été dénommé “Général des binious” par Gilles Servat et Zaïg était la chanteuse réputée du label Mouez Breizh. Par sa voix, leur fille Nolwenn fait perdurer ce patrimoine qu’elle présente régulièrement aux États-Unis et au Canada. Ce disque présente onze pièces en breton, deux en français et un instrumental. Deux musiciens sont invités : Ronan Le Dissez aux flûtes traversières en bois et Pierre Sergent à la contrebasse. Un disque calme et humble enregistré par Philippe Le Gallou, les poésies chantées sont traduites en français avec légende en anglais. A écouter au coin du feu cet hiver dont le chant L’esprit du feu : « Ene bew an tan eo gwir melezour un ene garan / L’âme d’or du feu est le vrai miroir d’une que je veux. »
ERIK MARCHAND / KREIZ BREISH AKADEMI #3 Livret : digipack, 8 pages 8 titres - Durée : 43’03’’
Erik Marchand, voyageur et chercheur infatigable, est le créateur de la Kreiz Breizh Akademi. Il est à l’écoute des musiciens d’aujourd’hui, tout en s’appuyant sur la musique de Basse Bretagne en respectant les règles du monde modal. Pour ce troisième collectif, Erik explore des voies contemporaines en respectant la tradition du chant traditionnel breton. Des sonorités très actuelles mettent en valeur les voix de Rozenn Talec et Franch Oger et leur donnent une dimension universelle. On peut qualifier cet album d’événement dans le domaine des musiques trad’ revisitées. Chaque chanson ne renie jamais ses racines. Les arrangements très élaborés ne tombent jamais dans la facilité. On voyage en Bretagne avec des influences dans le domaine du jazz, du rhythm’n’blues, en passant par l’electro et les musiques du monde. Des grands noms de la scène des musiques actuelles (Ibrahim Maalouf, Thierry “Titi” Robin, Fawaz Baker, Bojan Z, Rodolphe Burger et bien d’autres) viennent compléter la musique bretonne en nous faisant voyager au-delà des frontières… Gérard Viel MYRDHIN Durée : 52’47’’ - Label : BNC Productions (BNC MYR2)
Saviez-vous que les sables chantaient ? Le harpiste Myrdhin, pionnier majeur du renouveau de l’instrument en Bretagne et à travers le monde, l’a découvert lors d’une randonnée hivernale sur les dunes d’Erdeven. En s’inspirant de la thèse de géologues qui lui ont appris que le sable chantant a été scientifiquement constaté sur trente trois plages de la côte atlantique, Myrdhin a composé ce nouvel album, basé sur des impressions offertes par la nature. Le vent, la mer, la poudre argentée, la modalité, l’empreinte bardique, des lieux mythiques l’auront autant inspiré que le traitement numérique qu’il impose assez régulièrement à ses créations depuis qu’il a participé, voilà quelques années déjà, au projet d’Afro Celt Sound System. Avec une méthode quasi similaire à celle qui a fait le succès d’”Iles” (son disque précédent), Myrdhin a coréalisé “Moving Sands” avec Stab, gestionnaire de la musique assistée par ordinateur et des machines. Boucles, nuances, profondeur de champ, ruptures, impros, mélodies fragmentées, instruments complémentaires (sax, clarinette, sitar, harpes, voix), “Moving Sands”, dont quelques titres ne dépareraient pas dans le catalogue ECM, transcende les idées originelles du créateur. Avec un tel raisonnement, Myrdhin apporte un aspect très contemporain à un instrument multi-millénaire qui, grâce à une telle démarche, offre plus que jamais d’extraordinaires perspectives. Dominique Le Guichaoua GRAFFITI Livret : digipack 3 plis 7/10 titres - Durée : 41’06’’
Chaque prestation publique des ateliers de certaines “écoles” de musiques traditionnelles est l’occasion de produire non pas le pénible ânonnement d’une discipline de cours scolaires, mais aussi et surtout (dans le meilleur des cas) de proposer de la vraie musique d’ensemble, belle et vivante. Il y a dans les productions de Cric Crac cette volonté très professionnelle d’offrir nettement plus qu’un souvenir pour les familles. Ce CD est rempli de trouvailles (trouver, c’est plus riche que chercher), notamment avec les structures de Thibaut Alavoine, de vigueur (diatoniques, cornemuses, violons), de poésie (vielles, épinettes). Tous les ateliers sont représentés sans faire catalogue. Franchement, c’est un émerveillement, y compris l’enregistrement qui rend justice aux couleurs de chaque instrument (on se régale des résonances de fins de plages…). Il y a même des idées à saisir. Bravo. Claude Ribouillault TRAM DES BALKANS Livret : digipack 8 pages avec les paroles et les traductions
Parmi tous les groupes qui plongent avec “volupeté” dans les sons d’Europe de l’Est, Tram des Balkans tranche par une originalité musicale indéniable, une ouverture à des styles (jazz, yiddisch, pop, chants de gorge, rock, fanfare…) qu’on ne parvient pas clairement à discerner tant ils sont digérés et réappropriés. Les paroles, mordues goulûment, sont en russe, croate, anglais (parfois en deux langues), voyez cela sur le livret. Cuivres, batterie, cordes, clarinettes, basses se mêlent dans des arrangements qui paraissent sauvages mais sont en fait très (et joliment) contrôlés. C’est fort, ça a du goût, ça swingue et ça roucoule avec humour, gouaille, nostalgie. Un beau voyage en Miousikie… BAS LES PATTES 13 titres - Durée : 67’47’’
Qu’on se le dise d’entrée de jeu, on est bien loin ici de la musique traditionnelle, du folk, ou même d’une quelconque “nouvelle musique traditionnelle”. Pour son deuxième CD, ce groupe cévenol cultive plutôt un genre jubilatoire, trinquant avec le jazz, la pop, le rock et les musiques actuelles, dans un cadre référent aux musiques traditionnelles. Chaque titre est sous-titrée d’un nom de danse (valse, bourrée, two steps, chapelloise, rondeau, …), souvent non identifiable à l’oreille, quant à les danser ? À l’exception de deux traditionnels plus ou moins détournés, ce sont des compositions des membres du groupe (7/13) ou de musiciens plus ou moins connus comme Rémi Martin, Corentin Veschambre, Carlos Nunez, Kate Bush ou Frank Zappa (!). Affichant des références telles que la Familha Artus, Blowzabella, Johnny Clegg, le Mont Lozère et l’esprit rock n’roll, les six compères M. Lemonnier (guitare, bouzouki, accordéon chromatique, kéna, chœurs), L. White (clarinettes, percussions, chant), S. Aubry (basse, guitare, chant, didgeridoo), J.S. Gratas (saxophones, flûte traversière, chœurs), H. Morel (batterie, percussions, chœurs) et M. Delaruelle (son) ont concocté ici une musique inventive, nourrie de sonorités celtiques ou arabisantes, remplie d’humour et de surprises douces ou contrastée. Cet album généreux est complété d’un “maxi livret” d’une soixantaine de pages joliment illustrées, racontant le groupe, ses tâtonnements, ses recherches, ses angoisses et ses petits bonheurs. Un superbe album. François Saddi
GILLES SERVAT Livret : digipack, 20 pages 14 titres - Durée : 54’
On se souvient tous de la voix forte et chaleureuse de Gilles Servat qui nous revient avec son vingt-et-unième album, quarante années après La blanche hermine. L’homme est devenu au fil du temps un grand poète toujours épris de liberté et de justice mais avec un regard tendre, philosophe, parfois sarcastique mais jamais vulgaire. Cet album est un hymne au bonheur des rencontres, des voyages, et un hommage aux hommes vivant debout dans la tempête. Il est entouré de copains pour les chœurs (Tri Yann) et de ses musiciens qui savent faire sonner leurs instruments sur les chansons d’un homme à la fois breton, irlandais de cœur et un citoyen du monde. Avec ce nouvel album, Gilles s’affirme comme un digne représentant de la chanson au même titre que Georges Brassens, Alain Souchon ou Bernard Lavilliers Gérard Viel
THE NORDIC FIDDLERS BLOCS Livret : pochette dépliante 12 titres - Durée : 58’ 05’’
The Nordic Fiddlers Bloc est un nouveau trio composé de trois excellents violoneurs : le premier vient de Norvège, le second de Suède et le troisième des îles Shetland. Ce sont Anders Hall (fiddle, viola), Olav L. Mjelva (Hardanger fiddle, octave fiddle), et Kevin Henderson (fiddle, viola). Ces jeunes virtuoses ont mêlé avec bonheur leurs trois styles distincts afin de créer un nouveau son. C’est tout à fait réussi. On remarquera, par exemple, le Midnight On The Water que David Bromberg avait popularisé en 1975 sur un 33 tours devenu mythique. La version de nos trois violoneurs est au moins aussi bonne, voire supérieure, les cuivres en arrière-plan en moins, bien entendu. En prime, nous avons droit à la Retraite de Bonaparte, un air dont on ne se lasse jamais. La Polska From Delsbo est aussi un exemple de ce que l’on aimerait trouver plus souvent sur bien des disques de fiddle récents. On oublie trop souvent la part importante qu’a joué la Scandinavie dans la musique qu’une grande firme discographique américaine allait nommer old time, sans trop comprendre ce dont il s’agissait, à la veille de la Grande Dépression. Dans les villages de Norvège et du Danemark, la cornemuse, la vielle, ainsi qu’un type de violon appelé fedel ou fejle étaient utilisés de longue date pour faire danser. The Nordic Fiddlers Bloc, c’est en quelque sorte une lucarne ouverte sur une époque et un territoire qui reste à découvrir pour nombre d’entre nous. Je vous conseille vivement ce CD qu’on peut aussi bien écouter avec attention qu’utiliser comme fond sonore berceur. Une telle qualité musicale et ethnique est émerveillante. Un grand régal. Gérard Dôle DELUCE'S PATENT Livret : digipack 11 titres - Durée : 39’50”
Nouveau venu sur les scènes irlandaises, ce jeune quatuor répond au nom de Deluce’s Patent. Un nouveau groupe certes, mais dont le talent est inversement proportionnel à leur jeunesse. Originaires de Cork pour les deux garçons Adrian Spillett (guitare, bouzouki, accordéon, chant) et Conor O’Sullivan (guitare, banjo, chant) et du Kerry pour les deux filles Deirdre Granville (harpe, fiddle, flûte, chant) et Evelyn O’Connell (chant) ils ont formé le groupe en 2010 après de nombreuses sessions dans les pubs de Cork. Tous ont un solide bagage musical depuis leur plus jeune âge. Cela s’entend dans leur musique qui est brillante, pour ne pas dire parfaite. Sur l’album qu’ils nous proposent, ils tissent un délicat ouvrage mêlant des traditionnels irlandais, écossais, anglais et américains une chanson de Bob Dylan figure ici. Pour autant, quelques compos de Conor sont aussi au programme (On The Road, Siul Na Lobhar). La voix chaude et expressive d’Adrian, excellent folk singer, s’accorde avec harmonie aux envolées de soprano d’Evelyn. Leurs voix s’entrecroisent, habilement supportées par les instruments de leurs collègues. Avec ses onze titres, le présent album vous fera partager près de quarante minutes de musique légère et délicate. On en aurait souhaité bien davantage. Espérons qu’un second album verra le jour dans les mois à venir. Philippe Cousin NARAGONIA QUARTET Livret : jaquette cartonnée 12/12 titres - Durée : 50’12’’
Pascale Rubens (accordéon diatonique, fiddle) et Toon Van Mierlo (cornemuses, flûtes, clarinette, sax soprano, accordéon diatonique, bombarde) embrasent les semelles et affutent les sens. Dans leur sillage, ils entraînent deux musiciens d’exception Maarten Decombel (guitare, mandole, de Snaarmaarvaar), Wouter Vandenabeele (fiddle, alto, de Ambrozijn) et font de ce quartet une formidable machine à danser. D’abord par la musicalité qui marquent jusqu’à l’entêtement tant on s’attache aux mélodies. Ensuite par les combinaisons des différents instruments en rythmique et en chorus, les recherches de climats, les ruptures et les ambiances sonores abordés. S’expriment alors quatre musiciens où chacun donne ses silences et ses rythmes pour l’intimité d’une mazurka ou la dynamique d’une jig. L’album est à lui tout seul un bal folk chamarré. Gilles Chabenat qui passait par là, cerise sur le gâteau, met le feu aux derniers barils de poudre. Alain Hermanstadt
DWIGHT LAMB, JENSEN & BUGGE Livret : digipack, 12 pages 19 titres - Durée : 43’
Une histoire incroyable : deux musiciens danois découvrent aux États-Unis un papy diatonicien qui a conservé son répertoire de famille. Ensuite, ils constatent qu’il est connu outre-Atlantique comme violoneux. Finalement ils proposent là, en les jouant à trois, les airs que la mémoire de Dwight a préservé de la disparition. C’est une richesse car le style n’est pas celui qu’on associe généralement à la musique danoise (ici il y a des valses, polkas, quadrilles…). Sur son Hohner 1 rangée, Dwight donne vraiment l’impression de se régaler, avec le chromatique de Mette Kathrine et le violon de Kristian Bugge. À la rigueur, la présence de Oh Suzanna s’explique. Le swing de certaines scottischs est très américain. Et puis je vous laisse reconnaître ce qui se cache derrière Den toppede høne. Les Danois devront en tenir compte pour rajuster leur mémoire, mais peut-être les diatoniciens de “l’aut’ bord”, noptamment québécois, y trouveront aussi un intérêt. Enregistrement public plein de chaleur. Claude Ribouillault THE LEITRIM EQUATION WITH DERVISH Livret : digipack, 8 pages 18 titres - Durée : 60’57”
Il y a trois ans, le conseil du Co. Leitrim avait l’idée de convier le groupe Lúnasa à une résidence musicale durant dix-hut mois. Cette résidence avait abouti à un fort bel album. Ils ont renouvelé l’expérience en 2010/2011 avec cette fois le groupe Dervish, basé dans le comté voisin de Sligo. Durant plus d’une année, Cathy Jordan et ses compagnons sont donc allés à la rencontre des musiciens et chanteurs du Leitrim, côtoyant des plus jeunes dans des masterclasses aux plus anciens qui ont ainsi pu partager leur expérience et leur héritage musical. Résultat de ce travail : un second album intitulé “The Leitrim Equation 2” sur lequel aux côtés des six membres de Dervish, il nous est donné d’entendre plus de trente musiciens et chanteurs du coin. Certains sont connus (Andy Irvine, Eleanor Shanley, Charlie McGettigan, Mary McParlan) et d’autres moins médiatisés mais non moins talentueux (Dave Sheridan, Fionnnuala Maxwell, la famille Ward : Lisa, Orla, Sarah, Niamh et Yvonne). On y croise même l’acteur irlandais Adrian Dunbar qui pousse la chansonnette aux côtés d’Andy Irvine. En tout, dix-huit titres où chansons et instrumentaux s’entremêlent. On aura plaisir à (re)découvrir des standards comme Lovely Leitrim, My County Leitrim Queen ou même deux versions de la superbe Shores Of Lough Bran avec différentes chanteuses. Car sur ce nouvel opus, les chansons sont plus présentes que sur la précédente production. Et contrairement à celui-ci, peu de compos nouvelles mais une majorité de traditionnels du Leitrim. Déjà une troisième résidence est envisagée avec la danse comme dominante cette fois. On est désireux de voir ce que cela pourrait donner au niveau discographique. Philippe Cousin ANTONIO PLACER & JEAN-MARIE MACHADO Livret : digipack livret 20 pages avec les paroles en diverses langues.
Antonio Placer est poète et chanteur, Galicien de surcroît. Chacun de ses albums est un plaisir des sons et des mots. Il s’agit ici du premier volet d’un triptyque où il est accompagné par le pianiste Jean-Marie Machado, d’origine portugaise, un ciseleur d’accompagnement. On peut dire que les deux musiciens interviennent à part égale, dans un grand équilibre, l’engagement “physique” d’Antonio étant soutenu au piano tantôt avec une rondeur délicate de sons qui s’égrainent, tantôt avec ferveur et mordant. Les textes sont toujours aussi riches et peaufinés (et traduits en plusieurs langues). Une surprise : l’entame du disque propose des paroles d’Antoine Pol adaptées en galicien sur une musique de Georges Brassens. Et c’est un délice. Reste à savoir s’il s’agit là de “musique traditionnelle” par l’usage d’une langue “régionale”. Tenez-moi au courant du débat… Claude Ribouillault
DANNY MEEHAN Livret : 40 pages 35 titres (CD 1) + 38 titres (CD 2)
Nouvelle gemme dans le jardin de la tradition du fiddle du Donegal : l’album “Drimalost And Beyond” de Danny Meehan. Une nouvelle fois, les amis du fiddle (Cairdeas na bhFidileirí) révèlent un talent méconnu de cette région septentrionale de l’Irlande. Danny Meehan est né à Drimalost, à l’ouest de la ville de Donegal, en 1940. Comme nombre de ses compatriotes, il est contraint de s’exiler en Angleterre à l’âge de 16 ans. Il y restera cinquante longues années avant de retrouver son Donegal natal. Cinq décennies durant lesquelles il poursuit avec acharnement la pratique du fiddle, un art appris dans le milieu familial depuis le berceau. Papa et maman jouent tous les deux du fiddle et du mélodéon. Danny dit également tenir son talent de sa grand-mère paternelle, elle-même une excellente chanteuse. Philippe Cousin ERRAMUN MARTIKORENA Label : Elkar (KD 858)
Lorsque j’ai rencontré Erramun Martikorena dans la ferme familiale d’Otsobi pour les besoins d’un article paru voilà sept ans, le berger chanteur était un peu triste. Il venait d’annoncer qu’il cessait les concerts pour se consacrer à sa famille et à son exploitation agricole. Surtout, il venait de perdre son inventif guitariste, Mixel Ducau, parti vers d’autres aventures. Erramun était encore dans le souvenir d’un concert extraordinaire qu’il venait de donner avec l’orchestre de Bayonne Côte Basque. Bref, ça sentait un peu le blues. Il ne fallait cependant pas aller bien loin pour entendre son entourage supposer qu’il ne tiendrait pas longtemps sans faire entendre à nouveau son chant. Formé au Chœur des basques de Paris alors qu’il effectuait son service militaire, le chanteur, sous l’influence de son chef, a pris doucement conscience de ses capacités de soliste. De retour chez lui, il est devenu l’interprète que l’on connaît, une perle rare dans le monde chanté. Dominique Le Guichaoua IAN SMITH Livret : digipack, 8 pages 12 titres - Durée : 47’43”
Un album solo en 2002 suivi d’un second en duo deux ans plus tard. Depuis, rien. Ian Smith n’en était pas moins actif sur les scènes du Donegal, promoteur infatigable de la musique trad’ dans ce coin magnifique du nord de l’Irlande. Sept longues années mises à profit pour peaufiner le bijou qui vient de voir le jour en cette fin d’année. Une première moitié de sa vie en Écosse et la seconde en Irlande ont fait que la musique de ces deux contrées a durablement influencé Ian, et que le présent album “A Celtic Connection” est la somme de celles-ci. Douze morceaux dont neuf originaux écrits en collaboration avec deux auteurs irlandais, Enda Cullen et Tony Kerr, ainsi qu’un traditionnel écossais (Will Ye Gang Love) et deux chansons de Robert Burns dont la mythique Ae Fond Kiss, interprétée par Karen Matheson lors de la cérémonie de réouverture du parlement écossais en 1999. Et justement, Karen est présente sur l’album tout comme ses petits camarades de Capercaillie, Manus Lunny, Donald Shaw et Ewen Vernal. Également là, Mairéad Ní Mhaonaigh d’Altan, Martin Crossan (brillant Uilleann piper), Nina Solo (fiddle) ou Seamus McGuire( violon). Quelques perles comme Brightest Sky Blue, On Keadue Strand ou Far Beyond Carrickfinn, en hommage au grand fiddler du Donegal Francie Mooney. Du début à la fin, un album tout en délicatesse et en brillance. Le disque de 2011 à ne pas manquer. Philippe Cousin
COCK AND BULL 25 titres - Durée : 65’59”
Réédition de l’album éponyme paru chez Rogue Records en 1989, ce CD est une belle surprise. Il nous replonge tout droit dans les dernières années de ce folk anglais qui flirtait joyeusement avec la pop music et mélangeait allégrement les sonorités anciennes et traditionnelles ave d’autres plus électriques. Pete Lockwood (orgue, saxophones, séquences, percus électroniques), Paul Martin (mandoloncelle, dulcimer, triangle) et Jean-Pierre Rasle (cornemuses françaises et anglaises, flûtes à bec, cromorne) nous entraînent dans une musique très anglaise, cousine de groupes plus connus comme Albion Band, Fairport Convention, Pye Wackett, ou même Moving Heart en Irlande, tant pour le choix d’instrument que pour des arrangements souvent emprunts d’une certaine pesanteur se mariant bien aux sonorités nasillardes des anches, féraillantes des dulcimer et mandoloncelle, ainsi qu’aux synthés de l’époque. Les deux tiers des titres sont des traditionnels librement enchaînés qu’ils puisent à diverses traditions européennes ; le tiers restant étant formé des compositions des membres du trio. Un très bel album, daté, pour les nostalgiques d’un genre de folk faisant désormais partie de notre histoire. François Saddi
AT FIRST LIGHT Livret : digipack 10 titres - Durée : 47’08”
Leur carrière avait débuté en 2001 avec l’album du duo de pipers John McSherry et Michael McGoldrick. Rapidement, ce dernier vogue vers d’autres aventures. John est rejoint par le fiddler Dónal O’Connor et le piper et percussionniste Francis McIlduff. Cela aboutit à l’album “Tripswitch” (2006), aux côtés de nombreux invités. En 2011, le trio remet le couvert avec de nouveaux invités sur l’album “Idir”. Ils ont cette fois été rejoints par la chanteuse et violoniste Ciara McCrickard qui donne à entendre son joli brin de voix sur deux morceaux. Le joueur de bouzouki asturien Ruben Bada est encore de la partie, de même que Paul McSherry, Tony Byrne et Michael McCague aux guitares. Dix morceaux en majorité irlandais mais aussi bretons, comme celui qui introduit l’album, The Magnificent Six, une ridée 6 temps empruntée au répertoire de Pennoù Skoulm ou El Garrotín, mélodie populaire des Asturies. Plusieurs traditionnels Aird Uí Chuain, véritable hymne des Irlandais d’Ulster et de Belfast en particulier, ou Courting Is A Pleasure mais aussi quelques compos de l’un ou l’autre : An Thóir Na Donn, de la main de Dónal, ou The Pipers Of Roguery, de John. Mélangeant avec brio Uilleann pipes, fiddle, whistle, guitare, bouzouki et bodhrán, At First Light crée un son original qui transporte l’auditeur pour un voyage des racines de la tradition irlandaise au futur de celle-ci. Le talent et l’expérience de chaque musicien contribuant à développer une musique brillante. Une nouvelle réussite de ce sympathique combo de musiciens nord irlandais. Philippe Cousin
ITALIE Label : AIMP & VDE-Gallo
Enregistré par Fabrice Conti, lors de quatre voyages de recherche d’août 2009 à août 2010, au sein des communautés italo-albanaises de Calabre, ce CD nous offre une fenêtre sur un monde oublié, mais qui lui n’a pas oublié ses racines vieilles de plus de cinq cents ans. Cet album est un véritable voyage dans le temps, mais un temps qui se serait écoulé beaucoup moins vite que le nôtre. Étonnamment actuel et intemporel, ce témoignage émouvant et fort n’a pu voir le jour que par la volonté de toute l’équipe de l’AIMP (1), qu’il est essentiel de souligner ici. Les vingt-six pièces présentent un panorama de la tradition poético-musicale des Arbëresshë, ce peuple albanais, qui fuirent les conquêtes Ottomanes pour se réfugier d’abord dans le sud de la Sicile au quinzième siècle, puis ensuite au nord de la Calabre. Aujourd’hui, c’est encore environ cent mille Italo-Albanais qui emploient toujours la langue arbëreshë, variante de l’ancien albanais (tosque), mais la langue comme la musique de cette communauté de Calabre ont reçu la “contaminazione” (l’influence) italienne, autant par le choix des instruments, que dans les chants qui s’inspirent mélodiquement de modèles locaux mais aussi napolitains, apuliens et siciliens. Tantôt chants poétiques aux paroles improvisées, pleine d’humour et d’ironie, alternés par des airs de danses, chantées ou jouées aux cornemuses (zampogna, surdilina), tambourin (tambourinello), flûte double ou organetto (accordéon)… C’est le souvenir douloureux de la terre originelle, mémoire de leur Albanie des origines qui se dégage néanmoins de cet album. Mais comme à la manière du blues, c’est la force et l’émotion qui me transportent au fil des soixante-douze minutes et qui, je l’espère, vous transporteront aussi. Patrick Plouchart (1) : Archives internationales de musique populaire. SEAN O RIADA Livret : 40 pages
L’année 2011 a été l’occasion de célébrer deux anniversaires très spéciaux en Irlande. Tout d’abord en août le 80e anniversaire de la naissance de Seán Ó Riada ; puis en octobre, le 40e anniversaire de sa disparition, à l’âge de 40 ans. C’est pour rendre un hommage particulièrement appuyé à ce grand musicien que le label Gael Linn a eu l’excellente idée de publier un magnifique coffret de trois CDs regroupant l’essentiel de l’œuvre de Seán Ó Riada. Figure la plus influente de la renaissance de la musique irlandaise dans les années 1960, Seán Ó Riada était à la fois un musicien averti, un compositeur talentueux, un universitaire brillant et un homme de radio et de théâtre. À l’époque, il a su redonner ses lettres de noblesse à une musique jusque-là cantonnée au milieu rural. C’est aussi l’homme qui a su rassembler au sein de Ceoltóirí Chualann une dizaine de musiciens qui allaient devenir quelques années plus tard les incontournables Chieftains. Sur le premier CD figurent trois musiques de films dont le documentaire de 1959, Mise Éire qui évoque la fondation de la république d’Irlande. Avec un talent unique, Seán Ó Riada y combine musique traditionnelle, sean-nós et arrangements orchestraux. Egalement présents Saoirse? et An Tine Bheo. Ensuite, sur le second CD, figure le meilleur des Ceoltóirí Chualann puisé dans leurs différents albums, y compris le célébrissime Mná na Éireann (femmes d’Irlande). Enfin, le troisième CD contient la bande originale du film “The Playboy Of The Western World” (1962). L’album que tout irlandophile se doit de posséder. Philippe Cousin CARLOS MARTINEZ Livret : 14 pages 13 titres (CD 1) + 18 titres (CD 2) + 15 titres (CD 3)
On connaît bien l’œuvre du guitariste, poète et interprète argentin Atahualpa Yupanqui qui vécut en France une partie de sa vie et permis à un large public français et européen de découvrir la musique argentine de tradition orale. Décédé en 1992, Donata (comme on l’appelait) laisse une œuvre immense, plus de mille cent chansons, affirmait-il, et des livres de poésie qui en font l’un des plus grands poètes argentins. Si beaucoup de chanteurs (ou chanteuses) et guitaristes interprétaient ses compositions, personne en Argentine ne s’attaquait à jouer les propres versions de Donata à la guitare. Un jeune guitariste argentin s’est attelé à cette tâche : Carlos Martínez, qui travaille sur la musique d’Atahualpa depuis plus de quinze ans. Il réussit le tour de force d’avoir relevé par écrit une grande quantité de compositions d’Atahualpa. Il les joue admirablement dans un splendide album de trois CDs sortis sur l’excellent label argentin indépendant Acqua Records. Un disque culte pour les fans de musiques argentines et pour tous les autres. Michel Plisson
QUATUOR CALIENTE Livret : 18 pages 7 titres
Nous avons déjà chroniqué dans Trad Mag’ cet excellent orchestre de tango pour ses deux premiers disques sous le label Aeon. Tango… mais peut-être faudrait-il dire música contemporanea de Buenos Aires, comme aimait à le dire Astor Piazzolla en parlant de sa propre musique ? De fait, avec les trois compositions de Gustavo Beytelmann enregistrées ici pour la première fois (sauf erreur), on est dans un « tango qui avance » (selon les propres mots de Beytelmann), croisant parfois la route du jazz et de la musique contemporaine, synthèse qui est depuis longtemps au centre des préoccupations de Gustavo. Ce quatuor formé de Michel Berrier (violon), Cédric Lorel (piano), Nicolas Marty (contrebasse) et de Gilberto Pereyra (bandoneon) s’est adjoint pour ce CD et aussi en concert, comme récemment au Triton aux Lilas , l’excellent Laurent Colombani (guitare électrique) et le magnifique vibraphoniste Vincent Maillard (qui avait déjà participé aux précédents enregistements). De la belle musique à écouter attentivement. Michel Plisson BALLET ROYAL DU CAMBODGE Livret : 24 pages, français, anglais
Produits par la princesse Norodom Buppha Devi (fille aînée de l’ex-roi Norodom Sihanouk et elle-même ancienne danseuse étoile), ces enregistrements récents font revivre une musique et un art que la folie idéologique et meurtrière des Khmers Rouges a faillit faire disparaître pour toujours. Classés “chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité” depuis 2003, les chants et danses du Ballet Royal sont issus d’une ancienne tradition héritée de l’Empire angkorien. La musique sacrée pinpeat qui l’accompagne joue un rôle primordial dans les cérémonies privées et publiques. L’orchestre présent dans le disque est composé de huit excellents musiciens et de cinq chanteurs. Percussions mélodiques, flûtes, hautbois et voix somptueuses servent un répertoire de mélodies où les artistes vont puiser pour créer de nouveaux ballets. Les trois belles longues pièces du CD sont des classiques. Le Ballet des Apsaras est dédié à la grâce légendaire des nymphes célestes. Le Tep Monorom symbolise les cieux, royaume de l’harmonie et la beauté. Le troisième titre, Moni Mekhala, relate le combat entre un géant et une déesse et est joué dans les périodes de sécheresse afin que la pluie tombe. Un disque essentiel. Frantz-Minh Raimbourg
FATOUMATA DIAWARA Livret : 24 pages 12 titres - Durée : 43’58’’ Auréolée d’une excellente réputation avant même d’avoir sorti son premier disque, la Malienne Fatoumata Diawara publie enfin sa première galette chez World Circuit. Héritière de l’ancestrale tradition wassoulou, la chanteuse a d’abord été comédienne (elle a tourné entre autres avec la compagnie Royal de Luxe et a interprété le rôle de la sorcière Karaba dans la comédie musicale “Kirikou et Karaba”). Sur ce premier opus, elle mêle sa voix douce et son folk mélodieux à des sonorités jazz et funk. Jouant elle-même d’une guitare ou de percussions, elle est parfaitement accompagnée par de nombreux musiciens dont le batteur Tony Allen ou le percussionniste Sola Akingbola. Les textes parlent d’amour, d’espoir mais aussi d’excision (Boloco), du droit des femmes à choisir elles-mêmes leur conjoint (Bissa), de l’éducation des enfants (Sowa) ou d’immigration (Clandestin). Ils sont autant d’histoires qui racontent le parcours pas toujours facile d’une jeune femme africaine d’aujourd’hui. A la manière d’une Joan Baez ou d’une Tracy Chapman, “Fatou” nous offre là un album intemporel. Frantz-Minh Raimbourg CONGO Livret : 28 pages 23 titres - Durée : 73’15’’
Pourquoi un “Bravos !!!” pour un enregistrement de chants pygmées ? Rien de nouveau sous le soleil qui s’infiltre entre les grands arbres de la forêt tropicale, diront certains qui connaissent la belle discographie internationale consacrée aux Pygmées. Oui, sans doute. Mais pouvez-vous encore indiquer aux auditeurs curieux un endroit où ils auront accès à cette discographie, un “magasin” où ils pourront acheter et choisir un disque de polyphonies pygmées ? Alors bravo à celui-ci qui, non seulement, a l’audace de sortir sur un marché qui se fout complètement des musiques des minorités du monde mais, en plus, nous donne à entendre des Pygmées enregistrés entre 2005 et 2008. Des polyphonies qui apparaissent alors comme un bain de jouvence, comme une fenêtre ouverte sur les musiques traditionnelles, celles qui se pratiquent au quotidien, au sein de la communauté. Sans artifices, sans concessions, sans démonstrations, sans clichés. Ajoutez le jeu d’arc à bouche, des jeux d’eau (comme ceux enregistrés en d’autres communautés par Simha Arom ou Martin Cradick mais aussi par Hugo Zemp chez les ’Are ’Are des îles Salomon) ou encore cette flûte épélo qui rappelle le fameux hindewhu enregistré par Arom une fois de plus mais aussi joué par feu Francis Bebey et qui inspira de nombreux musiciens à travers le monde, notamment Herbie Hancock. Le livret vous permettra de situer ce disque dans l’ensemble de la discographie pygmée : indispensable. Étienne Bours
VICTORINE MARTIN & PHILIPPE "DOUDOU" CUILLERIER Éditions Hit Diffusion
Bien connu dans le milieu swing manouche où l’on ne compte plus leurs collaborations (ils sont également complices au sein du groupe Doudou Swing), Victorine Martin et Philippe “Doudou” Cuillerier enseignent depuis des années la guitare et principalement le style Django. Ils savent parfaitement de quoi ils parlent. Illustrée de photos, leur méthode s’adresse à des guitaristes pratiquant déjà l’instrument, ni vraiment débutants, ni vraiment confirmés. Nos deux pédagogues proposent dix morceaux de Django sélectionnés en pensant au thème du voyage mais aussi en fonction de leur niveau de difficulté, les guitaristes ayant deux ans de guitare par exemple, pouvant jouer sur chaque titre le thème, l’accompagnement et un solo “facile” de leur cru. Les guitaristes plus avancés peuvent, quant à eux, jouer en plus la transcription édulcorée du solo du maître. On retrouve sur un CD audio les exercices et les playback de tous les thèmes, permettant aux Django en herbe de jouer avec de véritables musicos. Plus qu’une simple méthode, Victorine et Doudou proposent un vrai livre-hommage, consacrant une dizaine de pages à la vie de Django Reinhardt, à son milieu et à ses rencontres. Une excellente introduction à l’univers guitaristique de l’illustre manouche. Francis Couvreux GERARD DOLE Tirage : 175 exemplaires numérotés
Cet ouvrage de trois cent trente-cinq pages avec plus de trois cent cinquante notes et une importante bibliographie est consacré à la musique et la danse au Texas, du temps de sa guerre d’indépendance dont on retient surtout aujourd’hui l’épisode du fort Alamo. Pour l’écrire, Gérard Dôle s’est appuyé sur tous les documents anciens et modernes qu’il a pu réunir. Après les avoir patiemment lus et analysés, il s’est efforcé de démêler le mythe de la réalité, et Dieu sait si les légendes abondent dans le domaine. On croit souvent, par exemple, que la garnison de l’Alamo était constituée par une bande de trappeurs et de bourlingueurs, alors que ses membres étaient en réalité de statut social et d’horizons géographiques très divers. Ainsi la petite bande de coureurs de bois menée par Davy Crockett, “l’homme qui n’a jamais peur”, se mêlait-elle à des fermiers, des artisans, des clercs de notaire, des avocats, des médecins, etc. On note la présence d’un forgeron, d’un chapelier, d’un cordonnier, d’un peintre en bâtiment, d’un jockey et même d’un prêcheur. À part une poignée de Tejanos qui avaient choisi de lutter à leurs côtés, ces Anglo-Celtes (c’est ainsi que les historiens de l’Alamo ont décidé de les nommer) avaient auparavant séjourné plus ou moins longtemps, et souvent avec leur famille, dans différentes régions des États-Unis. Gérard Dôle ne manque donc pas de se pencher sur le bal et la danse en Amérique du Nord au dix-huitième siècle et au début du dix-neuvième, en n’oubliant pas la Louisiane avec ses Cajuns et ses Créoles. Puis il passe en revue les chansons, les instruments de musique et les airs à danser des Texiens de l’époque en se référant, quand besoin est, à ceux de leurs pays d’origine : l’Angleterre, l’Écosse, l’Irlande, l’Allemagne et même le Danemark. Il cite ensuite des airs chantés et des musiques dansées, tant par les 189 volontaires retranchés dans l’Alamo (quelques-uns avec leur famille et serviteur noir) que par l’importante soldatesque mexicaine (avec femmes, enfants et cucarachas) qui l’encerclent. Il parle même au passage des musiques martiales (fifres et tambours) des deux camps. Gérard Dôle évoque enfin David Crockett avec son violon et John McGregor avec sa cornemuse. Leurs duos étaient vraiment “stupéfiants”, à en croire la petite-fille d’une des rares survivantes du massacre. On peut imaginer que nos deux musiciens de fortune s’efforçaient ainsi de distraire leurs compagnons voués comme eux à une mort certaine, et d’oublier un instant le son menaçant des sonneries de trompettes du cruel général Santa Anna. Ce livre, qu’Anita Conrade a su traduire et mettre en forme avec excellence, bénéficie d’une iconographie rare et extrêmement soignée grâce au précieux concours de Tania Latchman. Jean-Michel Corgeron, de son côté, a fait des prouesses musicales et techniques en ce qui concerne la transcription et l’homogénéisation des nombreux airs à danser que l’on y trouve. En ce qui me concerne (au diable la modestie !), je me suis investie à fond dans les recherches généalogiques concernant un officier de Napoléon et j’ai fait des découvertes de taille. J’ai ainsi pu prouver avec certitude que ce lieutenant d’infanterie, né à La Férée (Ardennes) en 1785 et mort à Braine (Aisne) en 1851, n’avait jamais posé le pied en Amérique, encore moins au Texas. Au cours de ces dernières décennies, des écrivains peu regardants se sont pourtant acharnés à le confondre avec le mysterieux Moses Rose, prétendu soldat de la Grande Armée et “déserteur de l’Alamo”. Une affabulation dont George Bush n’a pas manqué de se servir, lors de la guerre contre l’Irak, pour stigmatiser la couardise des Français qui avaient refusé de prendre part au conflit. “Musical Echoes From The Alamo” n’a été tiré qu’à 175 exemplaires numérotés, commémorant le 175e anniversaire de la célèbre bataille. Commandez vite cet ouvrage qui fera référence en la matière. On peut uniquement le trouver chez l’auteur (1), chez l’éditeur (2) ou encore sur www.alamo-san-antonio.com Stéphane Vielle (1) : http://gerarddole.free.fr |
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