LA PLANCHE A LAVER

 

Ce quartet du département de la Manche veut faire partager sa passion du jazz du début du siècle dernier. Avec la volonté d’élaborer des arrangements personnalisés. Et avec une énergie contagieuse ainsi qu’une bonne humeur permanente.

 

Quelle est l’origine du washboard, et comment un outil essentiel à la vie familiale a-t-il surgi dans l’univers musical ?

Le washboard est un ustensile ménager destiné à la lessive. Les esclaves du sud des États-Unis n’avaient pas les moyens de posséder des instruments de musique mais faisaient preuve de beaucoup d’imagination pour remédier à ce problème : outre la planche à laver utilisée comme instrument de percussion, on peut également citer les bonbonnes (“jugs”) qui remplaçaient la basse ou bien les innombrables instruments à cordes fabriqués à partir de vielles boîtes de cigare. Mais contrairement à ces derniers, le washboard est vite devenu un instrument de musique à part entière dans le jazz. Dès les années 1920, on trouve des enregistrements dans lesquels la planche à laver remplace la batterie (par exemple, Johnny Dodds Washboard Band). Comme cette dernière, le washboard offre de nombreuses possibilités sonores : On frappe la tôle à l’aide de dés à coudre, on la frotte, on utilise des woodblocks et des cymbales fixés au cadre. De plus, le washboard a l’avantage d’être très peu encombrant et facilement transportable.

 

Comment et pourquoi avoir lancé l’aventure de La Planche à Laver ?

On se connaissait depuis plusieurs années, on se côtoyait dans différents groupes. Il y a trois ans, nous avons décidé de constituer ensemble une formation de quatre musiciens pour jouer la musique de La Nouvelle-Orléans avec des instruments acoustiques traditionnels : washboard, banjo (et chant), clarinette et saxophone basse (instrument rare et spectaculaire). Cette formule “réduite” a de nombreux avantages. D’abord, il y a un équilibre sonore naturel auquel nous tenons beaucoup. Cela nous permet d’être aussi à l’aise lors de prestations acoustiques que sur scène. Et pus il y a un son unique, original. Ainsi qu’un travail d’arrangement qui va à l’essentiel, cherchant à mettre en valeur toutes les possibilités sonores de chaque instrument.

 

Votre répertoire est-il axé surtout autour de la musique de La Nouvelle-Orléans ?

Cette ville est le point de départ de notre inspiration. C’est là où est né le jazz, mais ce fut et c’est toujours le point de rencontre...

 

 

 

La suite dans TRAD Magazine n°133